Grandeur
et décadence d’un caïd. En 1980, petit truand
cubain bénéficiant d’une amnistie du gouvernement
de Fidel Castro, Tony Montana retourne à Miami en quête
de fortune et de gloire. Malin et sans états d’âme,
il devient un baron de la drogue redouté et détesté,
mégalo et parano.
Vingt
ans après sa sortie en salle, « Scarface »
est aujourd’hui une légende du cinéma.
Encensé et controversé à la fois, ce
film réalisé par Brian de Palma et scénarisé
par Oliver Stone, reste certainement l’une des plus
incroyables performances d’acteur également.
En deux décennies, tous les qualificatifs et tous les
superlatifs ont été utilisés pour parler
de ce remake d’un film d’Howard Hawks (1932) :
chef-d’œuvre, film culte, meilleur film de genre.
Difficile dans ces conditions de faire de la prose sur ce
qui constitue un classique du cinéma moderne. «
Scarface » est un film coup de poing dont aucun spectateur
ne sort indemne. Mêlant adroitement violence crue, esthétisme
baroque, peinture au vitriol du rêve américain,
il a surtout offert à Al Pacino ce qui est sans doute
à ce jour son meilleur rôle. Charmeur, gouailleur,
violent, ambitieux, mégalo, parano, l’acteur
donne à ce personnage de truand une dimension et une
profondeur rarement vues au cinéma. Si vous ne l’avez
pas encore, ce film est tout simplement un incontournable
dans votre collection.
Coté
technique, même si cette nouvelle réédition
semblait nous proposer enfin une piste 5.1 française,
il n’en est rien, le contenu technique est strictement
identique à la précédente version. Seul
le packaging a été légèrement
revisité, et encore. « Scarface » intègre
simplement une collection de titre « culte » mis
en place par l’éditeur. C’est pourquoi
on peut, à juste titre, être quelque peu déçu
de voir à nouveau ce master granuleux et encombré
de petites taches et autres défauts de pellicule. Même
reproche coté audio, avec certes une remarquable spatialisation
en version originale, davantage accrue encore en DTS, même
si un léger souffle persiste. La version française
reste donc en 2.0, et même si le doublage est toujours
aussi excellent, la focalisation centrale reste malgré
tout dommage.
Pour
ce qui est des bonus, aucun changement non plus à signaler,
avec sur le second disque 3 modules issus du making of original
(55’) ; un document comparatif entre la version cinéma
et celle diffusée en télé (exagérément
tronquée) ; un aperçu sur l’influence
du film et la culture Hip Hop (21’) ; une sélection
de scènes coupées au montage ou censurées
; sans oublier les bandes annonces et teaser.