Dans
une ville de Boston où la pègre irlandaise est
devenue totalement ingérable par les forces de police,
deux jeunes recrues vont à jamais sceller leurs destins.
La première, flic brillant, grimpant les échelons
d’une hiérarchie totalement séduite, fonctionne
en « sous marin » et informe le boss de la mafia
irlandaise alors qu’il est sensé travailler contre
cette dernière. La seconde recrue, flic sous couverture,
infiltre le clan criminel afin de récolter les preuves
nécessaires à l’arrestation du boss. Chacun
ignore l’existence de l’autre, jusqu’au
jour où leurs identités sont compromises...
Martin
Scorsese reprend ici le scénario élaboré
pour le trilogie « Infernal Affairs » (voir
le test détaillé), remanie quelques éléments,
rassemble un casting au combien prestigieux, et en fait tout
simplement le film de l’année, récompensé
d’ailleurs aux dernier Oscars par 4 statuettes, dont
celles du meilleur film et meilleur réalisateur. Un
chef d’œuvre d’action, au cœur d’un
thriller palpitant, où chaque minute de tension succède
à une autre, jusqu’au dénouement sanglant
final. Dans la plus pure tradition des films noirs de référence,
entre gangsters et policiers, le maître renoue avec
nombre de ses thèmes de prédilection, à
commencer par la mafia et ses histoires d’hommes. Le
casting n’est pas non plus en reste. On y retrouve avec
bonheur un Jack Nicholson au combien jouissif, détestable
comme on l’aime, et prouvant une fois encore qu’il
excelle dans ce genre de personnage. Matt Damon lui aussi
impressionne avec cette captivante double personnalité,
qu’il contient admirablement d’un bout à
l’autre. DiCaprio quant à lui est le parfait
troisième homme, le moins complexe peut être,
mais pas le plus facile. Une torture psychologique remarquablement
interprétée. Les autres intervenants, tels que
Martin Sheen, Alec Baldwin et Mark Wahlberg, soutiennent eux
aussi brillement leurs rôles. Reste au final l’un
des films les plus aboutis du genre, peut-être l’un
des meilleurs pour bien des membres du casting, et certainement
l’un des plus brillants pour le réalisateur.
A posséder absolument !
Si
l’artistique frôle la perfection, le coté
technique se montre lui aussi irréprochable. L’image
est remarquablement mise en valeur grâce à une
compression impeccablement maîtrisée, des contrastes
et une définition de référence, ainsi
qu’un encodage sans fausse note. On regrettera juste
un saut de couche peu discret, qui ne passe malheureusement
pas inaperçu car placé au beau milieu d’un
dialogue. La coupure ampli lors du passage d’une couche
à l’autre provoque donc un blanc dans les dialogues.
Mis à part ça, c’est visuellement sans
reproche. Pas de soucis non plus du coté des pistes
audio, avec des splendides pistes Dolby Digital 5.1 en VO
et en VF, même si dans ce duel on donnera plutôt
l’avantage à la version originale, plus imprégnée
par les dialogues et la spontanéité des acteurs.
Pour le reste, ampleur, précision et activité
surround se montrent relativement semblables. La seule piste
DTS présente est une VF, qui donne quelques impulsions
plus franches lors des passages plus soutenus. Les pistes
2.0 sont elles aussi parfaitement équilibrées,
mais logiquement moins immergentes. Doublage FR soigné
avec la plupart des voix habituelles, sauf pour l’acteur
Martin Sheen qui ne retrouve pas ici sa voix de la série
« A la Maison Blanche ».
Coté
bonus, vous trouverez sur le second disque (le premier ne
propose que le film et un lien vers le site de l’éditeur)
trois modules distincts. Le premier vous proposera de découvrir
une sélection d’une dizaine de scènes
coupées au montage, présentée par Martin
Scorsese en personne, qui donne également en guise
d’introduction une explication sur le sort attribué
à ces découpes, ainsi que la valeur bien souvent
énorme de ces morceaux de pellicule qui ne finiront
pas dans le montage final (18’) ; vous aurez en suite
l’occasion de visionner un documentaire intitulé
« La violence au cœur des œuvres de martin
Scorsese », balayant la carrière du réalisateur
et revenant également sur ses influences au cinéma
(24’) ; enfin, le dernier module vous plongera dans
la pègre de Boston, sujet essentiel du film, mais réalité
également. Une inspiration puisée dans un quotidien
que les intervenants décrivent avec sincérité
et émotion (21’). On regretera l'absence d'un
commentaire audio (acteurs/réalisateur), ainsi que
d'un making of qui aurait abordé davantage le travail
fait sur le tournage et récolté les impressions
du casting. On soulignera par contre le superbe packaging
métal attribué à cette édition
collector 2 DVD, mais sachez que le film est aussi disponible
dans une édition simple, boîtier traditionnel,
contenant uniquement le disque 1.