Les
Blade Runner sont des agents spéciaux de Los Angeles
en 2019 chargés de traquer les « répliquants
», des êtres génétiquement modifiés
dont la présence est proscrite sur terre. Rick Deckard
a pour mission de trouver et d’éliminer quatre
répliquants dont les présences ont été
vérifiées. Dans cette mission, il en découvrira
une 5ème qui remettra son humanité en question
...
Initié
par le film expressionniste Metropolis de Fritz Lang (1927),
Blade Runner (1982) de Ridley Scott fait partie des films
cultes de la science fiction. Il est un des pionniers du thème
« Cyberpunk » littéraire vers le cinéma,
portant vers une vision d’un monde futuriste peu réjouissant,
où les hommes vivent un présent sans futur et
sans saveur. Basé sur le roman Do Androids Dream Of
Electric Sheep (1968) de Philip K. Dick, ce film nous projette
dans une ambiance nocturne incroyable, illuminée au
néon publicitaire. La pluie constante s’abat
sur le tarmac omniprésent où les animaux et
la végétation n’ont plus leur place. Cependant,
les animaux jouent un rôle prédominant dans ce
film, en effet ce qui différence le mieux un être
humain d’un répliquant est sa relation affective
avec les animaux devenus extrêmement rares. Si nous
sommes très attachés à ces derniers,
les répliquants ne le sont guères, ce qui permet
aux Blade Runner, lors d’un interrogatoire ciblé,
de facilement les repérés. Cependant, dans sa
quête, Rick Deckard va découvrir une humanité
dans le cœur des répliquants, remettant en question
ses méthodes et son regard sur lui-même.
La
version projetée en 1982 n’est d’ailleurs
pas totalement représentative de la vision que Ridley
Scott voulait nous offrir. Les producteurs ne voulait pas
de cette fin obscure présente dans ce Director’s
Cut, ils imposèrent la réalisation d’une
fin heureuse réduisant énormément l’âme
et l’impacte du message du film. A sa sortie en salle,
le film fût un bide et a très vite déserté
les écrans. C’est grâce au marché
de la vidéocassette que le film à pu être
vu et apprécié à sa juste valeur. Une
mise en parallèle avec le film de Fritz Lang est sur
ce point intéressant : Il a subit le même syndrome
réservant aux œuvres visionnaires un non-succès
de prime abord. Ne juge-t-on d’ailleurs pas le génie
d’une personne une fois son dernier souffle rendu ?
N’oublions pas que ce film est également un des
derniers à avoir recours aux effets spéciaux
dis manuelles ; marquant le pas vers les effets spéciaux
numériques mis en exerce lors de la réalisation
de TRON, sortit la même année.
Au
programme de cette édition dvd, une version remasterisée
donnant enfin à l’image ses dimensions d’origine.
La version dvd sortie en 1999 rognait honteusement les bords
gauche et droite de l’image. De plus, cette version
gagne en définition, en stabilité, et même
en harmonie puisque les couleurs ont subis également
un lifting, formatant notre regard pour une nouvelle lecture
du film qui cachait des détails dont nous ignorions
l’existence. Le son (uniquement stéréo)
est efficace, nous plonge parfaitement dans l’ambiance
captivante du film qui, accompagnée des thèmes
synthétisés de Vangelis (et non pas Eve Angeli),
résume une époque, une vision du futur qui mérite
d’être découverte ou redécouverte
grâce à cette nouvelle édition dvd. On
déplorera l’austérité des menus
et l’absence totale de bonus. Ces derniers semblent
être réservés pour l’édition
Collector 3 DVD qui devrait être disponible courant
2007.