Alors
qu'il purge une peine de prison pour trafics clandestins,
Archer rencontre Solomon Vandy, un pêcheur d'origine
Mende. Arraché à sa famille et forcé
de travailler dans les mines diamantifères, ce dernier
a trouvé - et caché - un diamant rose extrêmement
rare. Accompagnés de Maddy Bowen, une journaliste idéaliste,
les deux hommes s'embarquent pour un dangereux voyage en territoire
rebelle pour récupérer le fameux caillou...
« Blood Diamond » peut être analysé
sous deux visions distinctes. Tout d'abord comme un drame
qui trouve sa force dans son sujet principal : l'histoire
maculée de sang de la Sierra Leone méconnue
du grand public, illustrée ici par plusieurs faits
qui sont loin d'être exagérés, comme le
lavage de cerveau des enfants afin de les enrôler dans
les milices guerrières, les attaques de villages civils
avec extermination des habitants, l'implication de grandes
puissances dans la quête obsessionnelle de diamants…
des vérités trop rarement montrées. A
coté de ça, bien que Edward Zwick cherche à
faire la lumière sur une réalité dérangeante,
le coté superficiel donné à l’histoire,
centrée sur la quête du diamant et non sur la
détresse d’un peuple, emprisonné contre
son grès et soit disant pour son bien, a de quoi agacer,
et le contraste est même parfois dérangeant,
voir perturbant. Qui suivre ? A quoi s’accrocher ? A
cette détresse humaine que l’on nous montre mais
qui devient progressivement secondaire, ou cette recherche
singulière d’un caillou qui ne changera la vie
que d’un seul homme ? En tant que simple film d'action,
ce long-métrage apparaît un peu moins futile
que la moyenne ; pourtant, lorsque la violence éclate,
que les corps tombent d’une masse alors que les autres
tentent de se mettre à l’abri, le rythme se dégonfle.
La répétition des scènes et leur similitude
finissent par progressivement lasser, en attendant un générique
de fin qui semble ne jamais vouloir venir mettre un terme
à l’histoire. Un film au contenu touchant, rythmé
par de nombreuse scènes d’action, mais qui se
disperse malheureusement trop. Reste enfin un casting plutôt
réussi, où Leonardo DiCaprio ne s’en sort
pas trop mal (il confirme la bonne impression rencontrée
dans l’excellent « The
Departed »), soutenu par un Djimou Hounsou monocorde
et une Jennifer Connelly trop anecdotique.
Le
master HD se montre globalement séduisant. L’image
est impressionnante de finesse et d’éclat dans
l’ensemble, affichant des contrastes soignés
et une gestion des lumières satisfaisante. On note
cela dit un grain parfois surprenant et même par moment
gênant, ainsi que des couleurs qui semblent, par moments,
donner l’impression d’avoir été
forcées, retirant du coup un coté naturel sur
de nombreux plans. Du coté des pistes audio, la version
originale PCM 5.1 l’emporte largement d’un point
de vue ampleur et dynamisme, avec une ouverture frontale plus
que pertinente, et un découpage des voix optimal. Les
pistes Dolby Digital 5.1 offrent quant à elles un spectacle
plus qu’honorable avec des effets impressionnants lors
des phases d’affrontement et une ambiance globalement
maîtrisée. Voix parfaitement placées en
VO comme VF, et doublage FR sans fausse note.
Coté
bonus, vous pourrez tout d’abord découvrir les
film accompagné d’un commentaire audio assuré
par le réalisateur, qui s’en sort avec une mention
plus très bien pour cet exercice ; un documentaire
historique illustré par des recherches menées
par des journalistes au cœur de la véritable guerre
faisant rage à la Sierra Leone, une guerre de conquête
diamantaire passée sous silence par les média,
mais malheureusement bien réelle (50’) ; un module
sur l’acteur Leonardo DiCaprio et son personnage dans
le film, et un second sur l’actrice Jennifer Connelly,
devenu pour le coup reporter de guerre ; une vision en coulisse
pour nous livrer quelques images du tournage, sans grand intérêt
(10’) ; sans oublier la bande annonce originale cinéma.